samedi 30 avril 2016

- Les « chandeliers » du Père Emboise, curé de la Bastide-de-Bousignac


Avec mon ami Antoine Coppin nous avons quitté Toulouse de très bonne heure ce matin, après une route pénible poussiéreuse et chaotique en ce mois de juillet 1831, nous nous sommes arrêtés dans une auberge à St-jean-de-Verges pour nous y restaurer et passer la nuit. 



A la fin du repas mon ami Antoine me demande si je connais la petite anecdote des « chandeliers » du père Emboise ? Je lui dis que non et de suite il se mit à me conter cette anecdote.

Père Embroise était, avant la révolution de 1789, curé à La Bastide-de-Bousignac petit village aux environs de Mirepoix. Un jour l'évêque de cette ville commença une tournée pastorale, et fit prévenir notre curé qu'il irait souper chez lui. La pauvreté de Père Embroise était extrême; curé à la portion congrue, il avait en outre le malheur d'être fort gourmand, et la seule pièce qui fût passablement meublée chez lui, était la cuisine; cependant il fallait recevoir l'évêque d'une manière décente. Les paroissiens aimaient leur curé qui les faisait danser lui-même aux accords de son violon; en conséquence, il se trouva bien-tôt chez lui une table convenable, des chaises, du linge blanc, de la vaisselle, enfin tout ce qui pouvait annoncer un curé bien établi. L’évêque arrive, la tenue de la maison lui parait satisfaisante; tout est simple, mais convenable. 


Au jour tombant, on se prépare à se mettre à table, mais à ce moment on s'aperçoit que quelque chose d’important manque au souper : ce ne sont ni les mets, ni le vin, ni le linge, ni les gobelets; ce sont les chandeliers. Les bouteilles vides qui en servaient d’ordinaire sur la table de Père Embroise n’étaient pas présentables sur la table de l’évêque. On court chez les paysans les plus voisins, mais les paysans du Languedoc ont peu de chandeliers : la lampe à trois becs, l'antique caleil, est le seul flambeau qu’ils possèdent; le curé en eût trouvé cinquante à son service, mais on ne peut mettre un caleil sur une table. Alors, dans cet embarras, le génie de Père Embroise vient à son aide; il envoie chercher les enfants de chœur de sa pauvre église, il les revêt de la robe rouge et de l'aube blanche, il enlève au maître-autel quatre cierges à peine entamés, les met dans les mains des enfants de chœur, et place ces quatre jeunes Lucifers aux quatre angles de la table. Le souper se trouvant ainsi dignement éclairé, on introduit l'évêque; celui-ci, après s'être assis, considère ce mode d’éclairage d'un œil assez mécontent, et finit par dire à Père Embroise.



— Parbleu ! curé, vous avez là de drôles de chandeliers.
— Ma foi ! monseigneur, répondit Père Embroise, je suis bien aise que vous les ayez trouvés gentils.

— Pourquoi ça ?
— Parce que je les ai faits moi-même.

Vis-à-vis de tout autre que l'évêque en question, la réponse du curé, sur l’origine des dits chandeliers, eût pu être dangereuse; mais elle rappelait à l'évêque une autre aventure qui lui était arrivée avec ce même Père Embroise, et qui força l'évêque à être indulgent pour l'industrie qui avait donné naissance aux drôles de chandeliers.

Un matin que le curé avait à parler à son évêque pour une affaire où il était gravement compromis, la porte de l’évêché lui fut refusée, attendu que M. l’évêque n'était point encore levé. Dans l’espace d’une demi-heure, le curé se présenta sept ou huit fois ; mais chaque fois en faisant un tel bruit que l’évêque l'entendit de la chambre où il était censé reposer. Il sonna un de ses gens, et demanda ce qui se passait. On lui dit que c’était un de ses curés qui voulait lui parler. L’évêque ordonna de le faire revenir plus tard. Il est bon de faire remarquer que déjà, à cette époque, notre curé était accusé de se livrer avec excès à la fabrication de « chandeliers ». Il était menacé de destitution et il avait un très grand intérêt à voir l'évêque avant que le chapitre, qui devait la prononcer, ne fût assemblé. 


Il ne tint donc compte de l'injonction de monseigneur, et se reprit à faire a la porte de l’évêché un tapage scandaleux. L'évêque, fatigué de tout ce bruit et surtout fort mécontent d'entendre Père Embroise crier à tue-tète : qu'il était impossible qu’un homme aussi rigide que monseigneur ne fût pas levé à dix heures du matin, l'évêque quitta son lit, en ferma les rideaux, s’enveloppa d'une robe de chambre, et donna l'ordre d'introduire Ie curé. A peine celui-ci parut-il sur le seuil de la chambre, que l'évêque, l'apostrophant avec colère, s'écria :

Vous voilà donc, monsieur ! Ce n'est pas assez de scandaliser tous vos paroissiens par le libertinage de votre conduite, vous venez encore à ma porte faire des scènes de porte-faix ! 
Que me voulez-vous ? Est-ce que vous venez encore me parler de votre maîtresse ? 

- Précisément, monseigneur, répondit Père Embroise en s'inclinant : elle m'a chargé de vous demander des nouvelles de la votre !

— De la mienne ? s'écria l'évêque en devenant rouge de colère : et il s'apprêtait à foudroyer le curé de reproches sanglants, lorsqu'une voix féminine, partie du fond du lit dont les rideaux étaient fermés, répondit à cette exclamation de l'évêque :

— Est-ce qu'elle me connaît ?

L'évêque demeura abasourdi, et le curé s’approchant du lit, répondit gracieusement :

— Oui, madame ; elle désire avoir l’honneur de vous être présentée.

Après avoir bien ri de cette plaisante anecdote nous quittèrent la table pour nous rendre dans nos chambres respectives. Demain il nous reste beaucoup de chemin pour nous rendre à Seix chez mes cousins.



Deux Séjours, Frédéric Soulier
Souvenir de l'Ariège - 1836


mercredi 27 avril 2016

- Les armes de Foix, Écu et Devises.


— L’ÉCU

Ariégeois et étrangers ont pu voir chaque année l’Écu de Foix se dresser, brillant d’or avec trois raies rouges, au sommet du majestueux portique des féeriques salles de bal de Villote, lors de la renommée fête locale du 8 septembre.


Les trois raies rouges ou, pour parler le langage héraldique, les trois fasces ou pals de gueules, n'existaient pas primitivement sur le champ d’or du blason comtal ; voici, d’après un vieux livre, comment elles y furent ajoutées :
Il y a longtemps, très longtemps, quand les Sarrasins étaient les maîtres de I’Espagne, les Chrétiens se rendaient en masse de toutes parts pour essayer de chasser par delà les mers, d’où elle était venue, cette race maudite et dévastatrice.

Le roi de France d’alors (il n’y a pas son nom dans le vieux livre), dit au comte de Foix de venir avec lui pour se battre contre ces sectateurs de l’Islam. Aussitôt dit, aussitôt fait, et voici nos deux nobles sires frappant sans relâche, d’estoc et de taille, sur ces païens qui mettaient, au lieu de la Croix sainte, une queue de cheval sur leur bannière. De prime abord, tout alla pour le mieux. Mais, un jour, tant d’ennemis surgirent à la fois que le roi en fut entièrement cerné et vit le moment où il allait être écrasé avec tout ce qui lui restait d’hommes. Le comte s’en mêla à temps, et voici que le valeureux Fuxéen se jeta au milieu des ennemis comme un faucheur dans un champ de blé. 
Les Sarrasins tombaient anéantis, sans savoir d’où venait le coup qui les terrassait. Mais, plus on en tuait, plus il y en avait. Aussi, sur le soir, le comte, las à force de mater, fut, à son tour, frappé d’un coup de lance qui faillit lui mettre l’âme au repos. Entre temps, le roi avait pu réussir à se venger des païens ; et quand la lutte fut terminée, il fit chercher partout le brave qui l’avait sauvé. 
C’est seulement à la fin du jour qu’ou le trouva, ruisselant de sang, au milieu des cadavres des Sarrasins qu'il avait fauchés. Alors le roi vint au galop pour le voir, et il lui demanda ce qu’il désirait en récompense de son héroïque vaillance.



— « Pour quelques heures de vie qui me restent encore, répondit le comte, je n’ai besoin, noble sire, ni d’argent ni d’honneurs; je voudrais seulement que les miens puissent se souvenir que j’ai fait aujourd’hui tout mon devoir ! »
Alors le roi trempa sa main dans le sang du brave seigneur, et, de ses doigts ainsi empourprés, il traça sur sa bannière, toute dorée jusqu’alors, les trois raies rouges qui y sont demeurées depuis.

— LA DEVISE

Jadis, les seigneurs de Foix étaient toujours en mauvais termes avec ceux de I’Armagnac ( le pays de l’eau-de-vie, comme vous le savez), à cause de la terre de Bigorre que ces derniers auraient voulu voler aux nôtres.

Quand le grand Gaston Phébus fut comte à son tour, il continua contre le seigneur d’Armagnac qui vivait de son temps, les luttes que ses pères avaient menées contre les aïeux de son adversaire. Et comme notre Gaston était un rude et fier mâle, il surprit et empoigna toute une troupe d’ennemis au castel de Launac (Haute-Garenne). Là, pour faire bien voir à son rival comment il se moquait de lui, le comte de Foix força ce prisonnier de marque à sortir de la forteresse par une espère de trou barrier creusé à ras de terre et si étroit que le sire d’Armagnac dut drôlement se « gourdisser » pour pouvoir en sortir.


Pensez si l’Armagnac fut remué par cette aventure ! Sur ce, le comte de Foix partit pour l’Espagne. C’est alors qu’il fit graver sur la porte d’entrée de tous ses castels cette fameuse devise : « Toco y se gausos!  - Touches-y si tu oses ! » Une manière comme une autre de passer une plume sur les lèvres de « l’ome de l’aigorden », l’homme de l’eau de vie, qui se le tint pour dit et ne bougea plus. 

C’est depuis cette mémorable, époque que les autres comtes et plus tard la Cité de Foix ont chargé leur écu de l’énergique et immortelle devise de Gaston Phoebus.

Maurice de LANAC.
Foix - janvier 1914


lundi 25 avril 2016

- Avril 1871, retour à Rabat le village de mon enfance.

Au temps jadis, des personnes existaient à Rabat, comme dans presque tous les villages de la montagne d’ailleurs, que l’on qualifiait sorcières (breichos). Et Pesse (Pesso) existe  en réalité dans notre montagne. Il est même une des rares attractions que je signale aux amateurs et aux touristes qui ne la connaîtraient pas. Pesse, aux pieds de la Dosse et à quelques pas de l’Escalot — passage sur un précipice redouté des bergers — Pesse, dis-je, est. une charmante cuvette au creux d’une colline qui s’incline, d’un côté, vers Rabat et de l’autre, vers Massat, et qui permet aux montagnards de ces parages de venir, en abrégeant, à Rabat et à, Tarascon. Sans cela, ils seraient obligés de passer par Col de Port et Saurat, ce qui serait d’un long détour. La Pourtanelle , sur l’autre versant de la Dosse leur offre le même avantage et nous procure, a nous habitants de Rabat, le plaisir de voir passer les braves Liardoures dans leur costume primitif.

Cap de l'Escalot

Si je me complais à ces détails, c’est qu’ils peuvent servir à des excursionnistes et qu’il est permis à un conte de s’allonger.

Pesse, dans sa cuvette, possède une fontaine ; la seule de la région. Elle est une des plus fraîches de la montagne; elle a, en outre, sa petite légende.

La voici : — Un jour, dans le recul des temps, un pâtre passait par là avec son troupeau. C’était le matin. Par delà Tarascon, sur le Saint-Barthélemy, le soleil rayonnait dans un ciel d’azur. Agenouillé, face à l’astre, appuyé a son bâton, le pâtre récitait sa prière : Nostra payré, qu’ets al cel, que bostré noum… sio scantificat , qué bostro boulentat sio feïto... dounammé moun pa dé cade jour…  Encé sio ! — L’adieu du Christ à ses Apôtres sur la montagne , son sublime discours résumé dans ce Pater, récité — divin contraste — là-haut sur la montagne, adapté à ses besoins par ce pâtre, esprit simple, âme de la nature, homme de foi.

Et, comme il remettait sa bonnette et se relevait, il aperçut, descendant du ciel, une colonne de fumée en forme de croix. Elle se posa dans le creux de la colline, y resta un instant, et, subitement, s’effaça et disparut.

Alors, il entendit un léger murmure. Et, quelle ne fut pas sa surprise, de voir jaillir, au point où la croix s’était dressée, une source ! Il y but à, pleines lèvres, étonné de sentir dans tout son être la douceur et la bonté d’une liqueur divine. Alors, dans le haut bout de son bâton, avec son couteau, il tailla une croix, la planta à la tête de la fontaine, et, à genoux devant elle, il récita de nouveau son Pater. Cela fait, il se signa. Puis, il s‘éloigna allègrement, en sifflant son chien et son troupeau. — Un sifflement qui s’étendit sur toute la montagne et qu’entendirent les Anges dans le Ciel.

Cap de la Dosse


Depuis lors, c’est l’habitude que les gens qui passent devant la fontaine s'y arrêtent, y déjeunent même et y plantent une croix. C’était du moins l’habitude du temps de ma jeunesse. On m’assure que maintenant elle est perdue !
Ainsi finissent les belles pratiques et les saintes traditions.

Reste la fontaine dans la jolie colline, son herbe courte tout autour, où pousse la réglisse sauvage que l’on mâche, et que l’on emporte comme souvenir. Et, enfin, puisque il est entendu que Satan se plaît à mettre l’ombre de ses cornes sur la croix, Pesse, dans la crédule et superstitieuse imagination de nos pères, était pour les sorcières un des rendez-vous, où, la nuit, elles montaient, chevauchaient, puis rôtissaient leur balai.

Nos pères croyaient donc aux sorcières. Et, ce qui est surprenant, c’est qu’il y avait, et qu’il y a peut-être, encore de nos jours, des personnes qui se croient sorcières ; qui croient, notamment, qu’il est en leur pouvoir de distribuer des maléfices, de jeter des « sorts ». Sur elles n’ont de prise ni l’école, ni le bons sens, ni la religion, ni la raison.

Col du Pla de Pesse

Je veux en donner ici un exemple qui me fut personnel. Et ceci n’est pas un conte, mais un fait de la plus sincère exactitude.

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Un jour de l’an 1871, je venais me refaire dans ma famille des tristesses de la guerre et des misères du siège de Paris.

C’était Avril, le plus riant des printemps, succédant au plus atroce des hivers. Un dimanche, tout égayé par la sonnerie des trois cloches de l’église et un clair soleil. On sortait des vêpres. Arrêtés, ma mère et moi devant notre porte, nous rendions les compliments aux gens qui passaient.

Nous nous disposions à rentrer, quand une femme vint à moi, et, avec un bon sourire, me tendit familièrement la main. Elle était jeune encore, très agréable à voir, avec son visage coloré où couraient quelques précoces rides, avec son serre-tête de taffetas noir couronnant gracieusement le front resté lisse et pur, avec son fichu à ramages verts et rouges, croisé soigneusement sur la poitrine, avec son cou encore plein et rond, un peu cuivré par le soleil, avec ses deux petits bandeaux de cheveux maïs, lissés a plat sur les tempes, avec ses yeux enfin, d’un bleu légèrement terni.

Une chose, me sembla-t-il, la déparait: la lourde jupe de sa robe. Bien disgracieuse vraiment cette jupe de je ne sais quelle grossière serge, avec de gros plis s’amoncelant sur les hanches, cachant le buste, l’étouffant.



Comme je l’examinais, hésitant à donner la main, tout en cherchant dans des souvenirs lointains sa personne et son visage déjà vus... où ? quand ? en quel lieu ?… elle me dit :
— Je vois que vous ne me reconnaissez pas. Pourtant, regardez-moi bien.
Je sentis son regard droit, ardent, aigu, qui s’enfonçait dans mes yeux, telle un vrille, tel un clou.
— Ah ! oui, m’écriai-je, c’est toi, Marie ?
Elle avait changé, adouci son regard, et, d’un ton attendri, elle dit :
— Je ne suis plus Marie, la Marie d’autrefois ! je me fais vieille ; maintenant, on m’appelle Mario.
— Pour moi, va, dis-je, tu es toujours Marie, la Marie de notre enfance; tu t’en souviens ?
— Oh oui, dit-elle vivement. Et à ces mots, il me sembla qu’une ombre de rougeur subite venait de passer sur son front.

C'est que, adolescent, l’été, quand les vacances me ramenaient au village, j’avais plaisir à la rencontrer dans les près, au milieu de ses moutons. Assise sur l’herbe ; le plus souvent adossée à un arbre, elle tricotait son bas. J’aimais à voir ses mains fines et hâlées jouer avec ses aiguilles, les laisser, les reprendre, la laine filer, leste, sur son doigt. Et je lui disais :
— Comme tu es adroite, Marie ?
Elle levait sur moi ses yeux plus bleus que la corolle de la pervenche, et, avec son joli sourire, elle répondait ;
— Tu crois ? Oh ! pas beaucoup !
Et nous continuions ainsi, avec des éclats de rire, comme des enfants !
Au fait, quel âge avions-nous ? Moi, dans les seize ans je crois; elle, quinze tout au plus, dégourdie, vivante, svelte, déliée dans son corsage rayé rouge et son jupon court. Gracieuse et jolie - oh, oui - quand, debout, prête à partir, elle brandissait sa houlette et appelait son chien.
Une statuette dans une idylle virgiléenne, croyez-moi.

Le Village de Rabat

De ces heures ravissantes un souvenir particulièrement doux me revient, un touchant tableau : Une agnelle, que, de ses mains agiles, elle avait aidée à donner son agneau ! Et je la revois, caressant le petit être, lui parlant, baisant sa toison blanche, sa petite bouche rose, le pressant contre sa poitrine palpitante de tendresse et d’émotion. Je la vois enfin, rentrant au village, présentant aux caresses des enfants son mignon nouveau-né... Oui, idylle vécue ! Doux souvenir !

Je lui avais tendu vivement la main. Mais, à ma grande surprise, elle avait retiré brusquement la sienne ; et, avec une sorte de frayeur dans les yeux, elle me dit :
— Non pas celle-la ; l’autre.
Et, comme, plus étonné encore, et hésitant, je lui demandais :
— Pourquoi ?
— Pour... rien, dit-elle, je vous en prie...
Alors, ma mère intervenant, me dit :
— Voyons mon ami, fais ce qu'elle te demande.
Je lui donnai aussitôt la main gauche qu’elle serra avec une pression très douce qui m’alla au cœur.
Elle salua ma mère, m’enveloppa d’un dernier regard, s’éloigna et disparut.

Mais pourquoi, demandai-je a ma mère, na-t-elle pas voulu de ma main droite ?
— Parce qu’elle est sorcière. On le dit du moins, et elle le croit; tu l’as vu ? Si, dans ce moment, elle avait touché ta main droite, elle était persuadée qu’elle t’aurait jeté un mauvais sort. Et, comme elle tient à nous et qu’elle t’aime, elle en aurait été désolée. Il vaut mieux que cela ce soit passé ainsi, va. Et maintenant, mon enfant, rentrons. Allons voir si Frosine pense à notre souper.


Mario est passée, tout à l’heure, devant ma porte. Deux enfants l’accompagnaient : un garçonnet et une jeune fille. Celle-ci, dans les quinze ans : les joues roses et fraîches, comme la première églantine des haies ; les yeux bleus, comme la première pervenche ; les cheveux d’un blond tendre, comme les fils du premier épi de maïs; svelte, élancée, jolie, comme la Marie de mon adolescence.

J ’ai dit :

— Comme elle te ressemble, Marie !
— C’est ma petite-fille.
— Veux-tu me permettre de l’embrasser ?
— Je veux bien, a dit la jeune fille en s’approchant naïvement et en me tendant, avec un clair sourire, ses lèvres roses.

C’est le premier baiser que j’ai donné à Marie.

Rabat, le 1 février 1913. 
Toussaint NIGOUL.


Cette légende à été écrite par Monsieur NIGOUL en 1913. Rabat est devenue Rabat les Trois Seigneurs en 1931 par décret pour éviter la confusion avec la poste entre le Rabat du Maroc et notre Rabat en Ariège.

samedi 23 avril 2016

- Benoît XII, le Pape Ariégeois.

L’Abbaye de Fontfroide a fourni un pape à la Sainte Eglise Romaine, Jacques-Fournier, qui porta le nom de Benoît XII.

Abbaye de Fontfroide.
Jacques Fournier était né à Canté, près Saverdun , dans le diocèse de Rioux, de parents très obscurs. Neveu d’Arnaud de Novelli, il lui succéda en 1311 dans le gouvernement de l’Abbaye de Fontfroide. Connne on le voit. L’église n’avait pas attendu la proclamation des droits de l’homme pour proclamer l’égalité et l’admissibilité de tous aux rangs les plus élevés.
En 1322, le pape Jean XXII le nomma cardinal sous le titre de Saint-Prisque qu’avait porté son oncle .


Le village de Canté près de Saverdun.
Fournier conserva les règles et le costume de l’Ordre de Cîteaux, ce qui le fit nommer le Cardinal blanc.
A la mort de Jean XXII il fut appelé à lui succéder, le 14 décembre 1334, par un vote un peu inattendu. Lui-même, plus surpris que les autres, ne s’enorgueillit pas de cette suprême dignité, qu’il avait si peu ambitionnée. «Vous Venez d’élire un âne », s’écria-t-il, dans son humilité. Et pourtant, Benoît XII était un homme versé dans l’étude des lois, profond dans la théologie et la jurisprudence.
Nous ne pouvons qu’analyser rapidement son Pontificat.
Benoît XII eût voulu rétablir à Rome le siège de la papauté transféré par Clément V à Avignon. L’état des esprits en Italie ne le lui ayant pas permis, il reprit avec une grande activité les travaux du palais des Papes d’Avignon. Sévère pour lui-même, il le fut aussi pour les grands dignitaires de l’Eglise. Il publia une bulle pour la réforme de Cîteaux, réduisit-les bénéfices et les commendes et se montra inflexible sur la résidence.
On cite de lui une belle parole qui montre la fermeté de sa foi et l’élévation de son caractère. Le roi de France lui demandant une chose qui ne lui paraissait pas juste, il la lui refusa en disant: Si j’avais deux âmes, je vous en donnerais une, mais je n’en ai qu’une et je veux la sauver. »


Il disait souvent que si Jacques Fournier avait une famille, le Pape n’avait point de parents. Aussi, une de ses nièces, mariée a un riche marchand de Toulouse, étant venue le voir à Avignon dans l'espoir de recevoir d’importantes libéralités, il la congédia, lui donnant pour tout cadeau les frais de voyage.
On raconte que son vieux père se joignit à plusieurs seigneurs du Languedoc qui allaient le féliciter sur son élévation au suprême Pontificat.
Le pauvre vieillard, de crainte d’humilier son fils, s’était vêtu de velours.
Le Pape accueillit très bien ses compatriotes et l’adressa pas la parole à son père. Celui-ci, ému et contristé, se dit que son fils ne l’avait peut-être pas reconnu sous ses vêtements d’emprunt. Le lendemain, il revêtit ses habits de meunier et se présenta à son fils au milieu de toute la Cour Romaine. Dès que Benoît XII l’aperçut, il se leva, courut à lui, l’embrassa, le présenta. à tous les cardinaux et le combla de marques d’affection et de respect. Mais il ne se départit pas de sa règle de conduite et ne lui donna, lors de son départ qu'une très faible somme  pour acheter un moulin.
Noble exemple de désintéressement à méditer surtout à notre époque où l’égoïsme, les malversations et les accaparements honteux sont si communs.




Ce fut Benoît Xll qui, par une bulle du 6 murs 1338. autorisa l’Abbé de Fontfroide à se servir de la crosse et de la mitre. C’est de ce grand Pape que date aussi la triple couronne de la tiare pontificale.

G. BAZIN.

jeudi 21 avril 2016

- Jeanne et Christian, les amants du Pont du Diable.


Le voyageur partant de Foix dans la direction d’Ax les Thermes aperçoit à quelques kilomètres du chef-lieu, un pont pittoresque jeté là comme une simple solive, sur la verte et torrentueuse Ariège.

Cet édifice, mi-pont, mi-maison, ancien pont-frontière, comme l’on en trouve encore dans notre Midi, traverse la rivière en un endroit où les berges ne sont séparées que de dix à douze mètres environ, mais où, par contre, le cours d’eau coule dans un lit creusé à vingt pieds de profondeur, entre des rochers coupés à pic. A l’endroit où il fut construit, sur le gouffre où il repose, au cœur de cette nature toute pyrénéenne, il oblige le touriste qui a l’instinct du beau, du saisissant, du légendaire, à s’arrêter quelques instants.


Je revenais d’Ax-les-thermes et m’arrêtai deux jours à Foix, chez un ami qui m’avait invité.
Ce pont, entrevu l’avant veille à travers l’une des glaces de l’auto, hanta  si bien ma pensée que je priai mon ami de me conduire dans ces parages.
J’ai tant lu de légendes et je les aime tant, qu’à mon avis Pierre en connaissait au moins une de toutes celles dont les âges divers ont auréolé le Pont du Diable...

Alors que j’étais accoudé sur le parapet, regardant sous le pont les mille tourbillons qu’y fait le courant, plongeant ma pensée rêveuse vers ces profondeurs cachées, et m’abandonnant à mes illusions, Pierre parla ainsi : « Vers le commencement du siècle dernier on menait joyeuse vie ici, et au dessus de ces ruines s’élevait un beau moulin; on y tenait enseigne également, ce qui permettait aux voyageurs roulant en diligence ou cheminant le long des routes, de se rafraîchir un moment en contemplant le paysage. Mais le malheur qui frappe au hasard, survint en ce lieu... Le meunier faisait de bonnes affaires. Jugez ! Le moulin, sans concurrent, dans la région, avait clientèle jusqu'à plusieurs lieus à la ronde.

Jeanne était l’unique fille de ce ménage de travailleurs; elle avait vingt ans à peine. Mon grand-père l’a connue, et dans son langage simple, il me disait l’admiration qu’elle lui inspirait. Certes, elle était belle. Avez-vous lu ce qu’ont dit tour à tour Shakespeare de Juliette — Victor Hugo l’Esmeralda — Dumas fils de la Dame aux Camélias — Mistral de Mireille ? Si les poétiques envolées de ces maîtres en l’art de bien écrire et de bien dépeindre sont tombées sous vos yeux, si vous avez rêvé une seule fois d’une beauté féminine idéale, vous aurez assurément, dessinée devant votre pensée, l’image de Jeanne. Tout en elle portait le cachet de l’œuvre divine. Mythologiquement  parlant, de par sa taille, elle était fille de Diane; de par son visage, elle était soeur de Vénus.


L’Ariège pouvait être fière de couler aux pieds de la jeune vierge lorsque seule, elle allait chaque soir conduire une petite chèvre le long de la berge.
Or, il advint qu’un jour, un jeune homme du pays, ayant nom Christian, passa par là. Il fut, lui aussi, attiré par la beauté des roches et du gouffre.
La vingt-cinquième année venait de terminer en lui l’homme viril; sa distinction native, sa franchise, la douce et attrayante sérénité dont sa physionomie était empreinte le faisaient rechercher de maintes demoiselles. Mais il était pauvre et ses parents ne possédaient que quelques arpents de terre.

En ce monde, être pauvre est trop souvent un crime ! Pourquoi alla-t-il ce soir là se mirer dans l’eau profonde ! Pourquoi la Providence le laissa-t-elle s’engager sur la route du malheur ? — Il devait être le héros d’une bien triste aventure :
Jeanne remontait la rive à pas lents ; parfois elle sautait de roc en roc connue jadis Esmeralda avec Djelli sur le parvis de Notre-Dame. Elle revenait vers le logis paternel, insoucieuse et ignorante de la vie, lorsque son regard rencontrai celui du jeune homme. Ce fut tout. Timides tous les deux, ils ne risquèrent aucune parole, n’échangèrent aucun sourire ; mais la pensée qui est en quelque sorte la flamme de l’âme, attira ces deux êtres. Le serpent est dompté par le sommeil. Le tigre est repu par le carnage. Le lion est vaincu par la force. L’homme est gagné par la patience. L’Amour ne devient complet et intégral que par la mort. Ils se revirent tous deux, d’abord ce furent les inclinaisons de tête de Jeanne, répondant aux coups de chapeau de Christian . Un peu plus tard ils causèrent. Quelles furent les douces paroles échangées ! Dieu seul le sait. Paul et Virginie devaient, un siècle auparavant, tenir les mêmes discours dans les bocages parfumés de l’Ile-Bourbon.


Six mois seulement se sont écoulés depuis la première rencontre. L’heure où Jeanne va avouer son amour pour Christian au rude meunier est arrivée. Continent ! objecta ce dernier, nous avons travaille pendant vingt années !
Nous avons amassé pierre à pierre ce moulin pour t’en faire l’héritière ! Nous avons toujours ambitionné pour toi un jeune homme de situation parallèle à la tienne; et tu parles d’épouser ce Christian , cet estivandier  quelconque qui aujourd’hui travaille pour moi et demain pour le voisin ! ll poursuivit ces observations qui bientôt se transformèrent menaces. Dans sa colère il croyait voir en la personne du brave garçon un vulgaire séducteur.

Pas plus l’on n’empêchera le refus d’envahir la grève que deux amoureux d’être un seul. L’Histoire ne nous a laissé que trop d’exemples relatant la fin tragique de ceux qui furent des martyrs d’amour.
Jeanne et Christian se donnèrent rendez-vous un soir ; ils allaient célébrer leur fiançailles pour s’épouser. L’automne avait séché les feuilles des grands arbres. L’Ariège avait été grossie par les eaux. Le vent soufflait entre les rochers, et le chant des oiseaux nocturnes ajoutait une dernière note triste à ce paysage désolé. Qu’importe pour les deux jeunes gens, pour ce couple malheureux qui allait, ce soir, en dépit des lois humaines, en dépit de leurs parents, s’unir étrangement  devant Dieu !
Nos parents ne veulent pus de notre union, dit Janne ! eh bien ! mourons, mon Christian. Nous avons goûté au calice d'amertume, buvons-le jusqu’au fond… Et Christian de répondre : Nous serons mieux, ma mie dans ce lit nuptial qui nous est préparé sous les rochers. Là au moins, nous nous endormirons enlacés et Dieu, le Père des miséricordes , daignera recevoir nos âmes dans son sein. Et que m’importe la vie d’ici bas ! Je n’ai plus rien à espérer en ce monde, où l’on refuse de nourrir mon cœur.


Et ils causaient de sorte, riaient, pleuraient, abrégeant, d’instants en instants leur vie, qu’ils sacrifiaient par une déplorable et hélas ! trop commune aberration d’amour, sans songer au désespoir de leur famille , sans trembler devant la redoutable Eternité.
Et maintenant, rocs, tourbillons, écume, recouvrez-les ! Soyez leur robe nuptiale et incorruptible. Pour mourir, Pyrame et Thisbe eurent l’ombre fraîche d’un mûrier et le désert pour horizon, Mireille, la voûte d’une chapelle, Jeanne et Christian : l’abîme.

Je vous laisse penser mon cher ami, l’effroi que produisit cette fin tragique dans la région. Je ne sais ce que sont devenus les parents inconsolés et inconsolables de Christian: qui, vaincus par une peine  aussi implacable qu’imméritée, quittèrent  le pays peu de temps après le terrible et regrettable drame. Quant à ceux de Janne, ils s'en sont allés là où la fatalité et la misère conduisent. La mère demandait sa fille à chaque instant ; son état mental s’aggrava de jour en jour, puis elle s’alita et finit par s’éteindre, dans une indicible douleur. Pour ce qui est du meunier dont le sot orgueil et l’inavouable rudesse avaient causé la catastrophe, éperdu, désorienté, dégoûté du travail, croyant voir toujours les deux superbes jeunes gens ce précipitant sous l’arche béante, ayant constamment la scène du drame devant sa porte; il renvoya: ses domestiques et refusa de servir ses clients. Un jour, il ferma le moulin et émigra, dolent et lamentable, vers un coin ignoré de la montagne non sans dire à tous les témoins ahuris de son exode, que le Diable avait dû, comme si souvent jadis, passer par là. On ne la plus revu, et oncques plus on n‘a retrouvé sa trace.



Les gens qui entendirent sa plainte navrante, dénommèrent à nouveau le pont tristement fameux de Saint-Paul-Saint-Antoine : Le Pont du Diable. 

Foix le 27 juillet. 1914.

Stéphanus de CAMMARS.
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mardi 19 avril 2016

- Ascension du Pic d'Endron en janvier 1913 (Pique d'Endron).

Quel charmant souvenir que celui de mon excursion au Pic d’Endron !

Quoique faite dans les plus mauvaises conditions, par un temps très gris dont les nuages épais recouvraient toutes les hautes cimes et me dérobaient ainsi les trois quarts de la vue, elle m’a laissé une telle impression que je ne tarderai pas à refaire l’ascension de cet incomparable belvédère.
C’était le 1 janvier 1913. J'avais décidé de m’offrir à cette occasion de vraies étrennes de mon montagnard et j'avais fait choix de l’Endron.       Mon excellent ami Charles Caccia se joignit à moi, et le 31 Décembre au soir nous montions coucher à Vicdessos où, connue d’habitude, l’hôtel Dandine nous hospitalisa. Le lendemain matin à 6h 1/2 nous prenions, - à pied cette fois, - la route d’Auzat : «alea jacta... erat ! (Oh ! mes vieux souvenirs de rhétorique).
      Après plusieurs petits arrêts pour arranger nos sacs ou resserrer nos molletières, nous sommes à (6h.40) à Auzat où nous perdons 10 bonnes minutes à faire provision de pain. A 7 heures, pont et cascade de Caponta.



Nous suivons la vallée de Vicdessos jusqu’a l’embranchement  d’Izourt (7 h.15). Nous traversons Artiès (7 h. 42) et nous atteignons l ‘étang aujourd’hui desséché de Guarguéra à 8 h. 13.
Alors (8 h. 24) nous quittons le fond de la vallée d’Izourt pour monter droit dans la direction des orrys de Journouscol, en remontant un petit ruisseau; pentes herbeuses. A 8 h. 35 on rencontre un petit sentier à flanc de montagne; le suivre : il remonte le lit d’un ruisseau puis se perd.
Nous continuons à monter jusqu’au moment où, la faim s’étant fait sentir, un arrêt pour déjeuner est voté à l’unanimité des excursionnistes présents (8 h. 38-8 h. 58).
En route de nouveau, mais bientôt nouvelle halte pour photographier le pic de Tristagnes (9 h. 15 - 9 h. 20).
A 9 h. 30 nous coupons le chemin de Goulier; à Journouscol à 100 mètres environ de ces derniers orrys. Dix minutes d’arrêt. Pentes très raides couvertes de rhododendrons ; grandes plaques de neige, que nous évitons le plus possible.
10 h. 25 à 10 h. 31, traversée très dangereuse d’un grand névé; neige très durcie; les clous des souliers mordent difficilement; quelle glissade sans les piolets !
10 h. 57 à 11 h. 3, traversée non moins périlleuse d’un deuxième névé. montée dans les rochers pour éviter la neige gelée par trop glissante.
On s’agrippe comme l’on peut aux plus petites saillies et, en jouant des mains et des genoux, on atteint la crête nord-ouest de l’Endors à 11 h. 35.
Arrêt de 5 minutes pour prendre un cliché.
Le but est proche ; un dernier effort. Superbe corniche de neige dominant la crête ; nous enfonçons parfois jusqu’à la, ceinture.
Enfin nous voilà au pied de la tourelle qui marque le point culminant de l’Endron (11 h. 46).



Quelle vue, mais quel froid ! A l’abri du vent au pied de la tourelle, nous essayons de déjeuner. Le temps est de plus en plus menaçant; la neige commence a tomber ; tous les pics sont embrumés. La fuite est prudente avant d’être enveloppés dans les nuages. Précipitamment les cuisines, gourdes, appareils à photographie et autres accessoires sont renfermée dans les sacs et à 12 h. 25 nous nous mettons en route pour le retour.
Nous suivons la crête sud vers le Peyrot pendant cent mètres à peu près et brusquement nous plongeons droit vers la vallée de l’Izourt.
Pour gagner du temps dans la descente des grands névés, nous transformons en luges le fond de nos pantalons par un procédé aussi simple que peu coûteux, et nous glissons a toute vitesse vers Journouscol que nous atteignons presque dans cet équipage. Mais nos pauvres culottes !... Heureusement il nous restait nos pèlerines pour sauver l’honneur !... L’étoffe avait été complètement brûlée par le frottement sur la neige.



A 1 h. 35 nous tombons sur le chemin de Journouscol à Goulier au même endroit que nous l’avions croisé le matin. Au lieu de continuer à descendre sur l’étang de Guarguéra, nous décidons de suivre le sentier forestier et de rentrer à Vicdessos par Goulier.
2 h. 21. Orrys au bord du chemin, juste au-dessus d’Artiès.
2 h. 24. Laisser à gauche un sentier descendant dans la. vallée.
2 h. 30 - 2 h. 35. Arrêt.
2 h. 40. Deuxième chemin descendant à gauche.
2 h. 55. Troisième chemin descendant à gauche.
3 h. Embranchement, prendre le chemin d’en dessous.
3 h. 3. Forêt de pins et de sapins ; sentier sous bois des plus bucoliques.
3 h. 8. Chalet forestier avec jardin, source, réservoir d’eau.
3 h. 17. Sortie des bois.
3 h. 25. Goulier.
3 h. 50. Vicdessos! hôtel Dandine! café chaud bien sucré pour se remonter le physique et le moral ; goûter pantagruélique !



Le dernier tramway est parti. Aussi sommes-nous obligés de descendre en bicyclette à Tarascon pour prendre le train du retour.
Conclusion : je retournerai bientôt au pic d’Endron ; c’est tout dire !


J. FERLUS.
L’Ariège pittoresque N°39 du 30 janvier 1913.