samedi 5 décembre 2015

- Notre-Dame de Celles.

Le message de la sainte Vierge est clair : il faut ramener le calme à Celles !

Le pèlerinage de Lourdes, les apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous et les miracles qui lui sont attribués sont célèbres dans le monde entier ; mais qui connaît la Vierge de Celles  ?

Celles est un très joli Village de l’Ariège, situé sur la route qui conduit de Saint-Paul-de-Jarrat à Lavelanet. La rivière Sios qui le traverse murmure à l’ombre des grands arbres, face à un petit château Renaissance aux proportions harmonieuses.



Pour atteindre Notre-Dame de Celles, il faut traverser tout le bourg et prendre une petite route qui grimpe pour arriver bientôt au lieu-dit le Pla Rouzaud, où se dresse la chapelle.

Ici, le 28 mai 1686, la Vierge apparut à un adolescent de 15 ans, jean Courdil. 1686 est une année de troubles en France. D’un côté, les triomphes militaires du roi Louis XIV et l’apogée du classicisme ; de l’autre des difficultés économiques, la répression impitoyable contre les protestants, et pour couronner le tout, l’ordonnance royale dite de la Régale, qui dresse une partie de l’Église contre l’autorité du roi.

La régale est une loi qui date des souverains mérovingiens et qui permet au roi de percevoir les bénéfices des évêchés qui ne possèdent pas d’évêque titulaire. Cette loi avait déjà généré un violent conflit entre Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII. Au XVII° siècle, le conflit va recommencer entre Louis XIV et Innocent XI.

Comme Philippe le Bel en son temps, le roi Louis XIV a un grand besoin d’argent et percevoir les bénéfices des riches abbayes est un apport non négligeable.


Les évêques du Midi considèrent qu’historiquement, cette loi ne les concerne pas. Alors Louis XIV promulgue un édit qui vise l’ensemble des diocèses de France. Tous les évêques finissent par céder sous la menace, sauf monseigneur Pavillon, évêque d’Alet et monseigneur de Caulet, évêque du diocèse de Pamiers, dont dépend le village de Celles.

Après le décès de Mg Pavillon, de Caulet se retrouve seul pour tenir tête au roi. A sa mort, en 1680, le conflit n’est toujours pas résolu et perdurera jusqu’en 1693. Quand les puissants se battent, c’est toujours le peuple qui souffre le plus, et c’est une période bien difficile pour les habitants de la région en général et les habitants de Celles en particulier, que cette année 1686 où la Vierge a choisi d’apparaître à un humble paysan. Ici, le curé de la paroisse qui soutient l’évêque a été mis en prison par le seigneur du lieu, Ignace de Lestang, qui, lui, souhaite voir l’application du décret royal. On imagine aisément le désarroi des villageois de Celles et les conflits qui devaient surgir alors à l’intérieur de la petite communauté.


Donc, ce 28 mai au matin, jean Courdil travaille dans un champ de millet. Il relève la tête pour contempler le paysage verdoyant et adresse une prière au Créateur tout en prenant le chemin qui mène à la métairie de ses parents. À cet instant, il voit un pigeon blanc qui marche devant lui et qui, à sa grande stupéfaction, se transforme en une fillette vêtue de blanc paraissant 6 ou 7 ans. Jean est épouvanté ! La fillette lui dit :

« Ne crains rien mon cher enfant, je suis la Sainte Vierge. »

Et elle continue de marcher devant lui et grandit au fur et à mesure. Arrivés devant la fontaine du Pla Rouzaud, jean se met à genoux et l’apparition fait de même. La belle dame lui dit que Dieu demande au peuple de faire pénitence, particulièrement quelques personnes de Celles qui auraient beaucoup à se reprocher! Elle ajoute qu’il est un bon fils et qu’il doit continuer dans cette voie.

Quand le jeune homme revient sur les lieux un peu plus tard, escorté de son frère et de sa sœur, il retrouve sa bêche oubliée sur laquelle maintenant trois feuilles de chêne dessinent une croix.

La Vierge apparaîtra à nouveau à jean six semaines plus tard pour lui dire qu’il a bien exécuté ce qu’elle lui a demandé. Elle précise : La fontaine sera bonne.

Le bouche à oreille fonctionne très vite et les pèlerins arrivent en foule. Tous viennent boire et se laver à la source de l’apparition. Moins de six mois après l’événement, un procès-verbal recense déjà 42 cas de guérisons miraculeuses intervenues sur les maladies les plus variées, mais en majorité affectant les yeux.


Des guérisons que l’on nomme miracles. Miracles de la foi, suggestion, diront certains esprits incrédules. Parmi les guérisons répertoriées, de nombreux enfants en bas âge considérés comme perdus. Comment aurait-on pu les suggestionner, eux ?

Alors, c’est sans doute avec son cœur qu’il faut essayer de comprendre ce qui s’est passé là, et c’est avec son cœur qu’il faut aller visiter Notre-Dame de Celles.