mercredi 30 mai 2018

Tarascon sur Ariège.



Au pays des Tarusques

La curieuse silhouette du Soudours signale de loin le bassin de Tarascon, le pays des Tarusques. Le nom de la ville vient de celui de ce peuple cité par Pline dans son Histoire Naturelle. Il a une consonance ligure, la désinence asco ou asca. Ces toponymes concentrés dans la Ligurie italienne et la Provence, s’étendent largement sur les Pyrénées. Au Tarascon de la vallée du Rhône, correspond le Tarascon de l’Ariège, comme la ville provençale de Venasque a son homonyme dans une vallée aragonaise.

Quelques maisons seulement ont échappé à l’incendie qui détruisit la ville, au temps des derniers comtes de Foix. Elle ne se releva pas de la catastrophe.

Sur un monticule isolé, une haute tour ronde demeure le seul vestige du château rasé sur l’ordre de Richelieu. Du haut de cette tour la populace précipita, au temps des guerres de Religion, soixante-six huguenots, en représailles de l’exécution du recteur d’0rnolac par le sire d’Audou, à Foix.

En face de la gare, sur les bords de l’Ariège, coule une source ferrugineuse appelée Fountrouyo, ou fontaine Sainte-Quitterie. De toutes les fontaines portant le nom de la jeune martyre d’Aire-sur-Adour, c’est la plus à l’est que l’on connaisse; elle atteste la popularité de cette sainte vénérée également en Espagne et en Portugal et invoquée contre la rage.

Un miracle pour l’empereur

Le Sabarthès était le nom du pays qui comprenait toute la vallée de l’Ariège, depuis sa source jusqu’au Pas de la Barre. Plus tard s’y ajoutèrent les pays de Volvestre, de Danmazan, de Dun et la seigneurie de Mirepoix, pour en faire le comté de Foix. On retrouve cet antique vocable dans le nom de la chapelle de Sabart, aux portes de Tarascon, construite selon la tradition en 778 par ordre de Charlemagne, sur les lieux même d’une victoire qu’il remporta contre les Sarrasins. D’après la légende, alors qu’il poursuivait une de leurs bandes dans la vallée, il voulut pendant une nuit orageuse inspecter le site avec un de ses cavaliers. Tout à coup, au pied d’une montagne, son cheval s’arrête. Trois fois Charles enfonce l’éperon dans les flancs du coursier; l’animal reste immobile puis recule. Il se trouvait en face d’un groupe d’espions. Charlemagne descend de cheval, rejoint son compagnon et, de son épée, fait mordre la poussière aux Sarrasins.
A la place où son cheval s’est cabré se montre une Vierge lumineuse qui disparaît bientôt. Sitôt l’aube venue, par ordre du chef, l’armée entière se réunit autour du théâtre de l’apparition. Deux génisses blanches que le roi conduisait lui-même s’arrêtent, et le soc découvre une statue de bronze, on la dresse sur un autel de pierres improvisé, une main invisible y a gravé ces mots : « Notre-Dame de la Victoire ».

Le roi veut gratifier l’abbaye de Saint-Volusien de Foix de ce miraculeux trésor; mais on a beau transporter la statue deux fois dans l’enceinte consacrée, elle revient dans le site sauvage où elle est apparue à Charlemagne. Plus de doute, dès lors. C’est sur cette lande inculte que la Mère de Dieu sera honorée. La reconnaissance et la piété élèveront un autel à cet endroit, nommé Sabart. Un pèlerinage annuel consacrera la victoire de l’empereur. Les pèlerins d’autrefois, en arrivant a Sabart, entonnaient une sorte de ballade sacrée composée pour eux vers 1672 par un chamoine de Pamiers, le père Amilha, en pure langue moundæï de Toulouse.

Guide des pyrénées mystérieuse.

La Tarasque - Effigies traditionnelles


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