mardi 1 mai 2018

Conte populaire de l'Ariège, le mariage du frelon et de la guêpe.


     Au beau temps où les bêtes parlaient, le frelon et la guêpe se marièrent. Ils n'étaient pas riches ; mais ils ne se crurent pas dispensés de faire la noce. Comment y parvenir? Ils n'avaient absolument rien. Voilà pour eux la grande difficulté. 
Tandis qu'ils se préoccupaient ainsi de leur situation plus que précaire, le roitelet se présente avec un gros pain de deux onces sous l'aile. 

— Ah ! maintenant nous avons du pain ! se dirent-ils tout joyeux ; qui nous donnera du vin ? » Maitre loriot vint à passer portant une outre sur le cou. 

— Ah! maintenant, nous avons du vin; il nous manque de la viande. » Aussitôt arrive le corbeau avec un gigot sous le bras.

— Ah ! maintenant nous avons de la viande ; il nous faut la faire rôtir ; d'où tirerons-nous le feu? » Voici le grillon, vieux charbonnier, chargé d'un peu de braise. 

— Ah! maintenant nous avons du feu; d'où sortirons-nous les danseurs? » La puce s'élance et fait quatre ou cinq sauts par terre ; le pou s'échappe du tamis, prend la puce par le bras, et le bal commence. 

— Le complément naturel de la danse est la musique, se dirent nos deux époux, où trouverons-nous des musiciens? » Le rat vient au plus vite avec un tambour sous le bras. Malheureusement il fait trop de tapage ; le chat l'entend, le guette, l'attrape et le mange. La noce commencée par le comique finit par le tragique. 


MARTIAL SÉRÉ.
Revue des traditions populaires.
Novembre 1893



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