mercredi 30 mai 2018

Cérémonies de la Hount Santo d’Ustou.


Saint Lizier a veillé pendant des siècles sur les Ariégeois. Depuis son évangélisation du Couserans au V siècle, jusqu’aux années 1960 quand disparurent les dernières processions à la Hount Santo de la Vallée d’Ustou, cette fontaine sacrée qui aurait jailli sous son bâton.

Le 25 août, les Ariégeois retrouvaient dans ce site des Aranais et des Catalans du Haut-Pallars. Notamment, les habitants d’Esterri d’Aneu en groupe boire à la Hount Santo pour prier le saint et ils avaient l’habitude de jeter de l’eau en pluie fine  en direction de leur vallée, selon le rite de magie imitative destiné à provoquer la pluie. 
Les Aranais avaient institutionnalisé ce pèlerinage pour lequel les paroisses désignaient chaque année, d’un commun accord, un délégué auprès de Saint Lizier et de sa source. L’homme se rendait à la fontaine, y prenait de l’eau et repartait avec sa cruche jusqu’au col frontière du Port-de-Salau. Là, le pèlerin baisait le sol à deux reprises sur chaque versant, puis il versait l’eau de la Hount Santo en imitant la chute d’une averse.

Les Couseranais n’ont pas toujours apprécié, semble-t-il, de partager les vertus de leur dieu de la Pluie. Au point qu’une année de longue sécheresse, en 1847, le délégué du Val d’Aran fut accusé d’avoir détourné au profit de ses montagnes les vertus de Saint Lizier. Le pauvre homme fut même molesté en traversant le village de Salau alors que par malchance une forte chute de grêle venait de compromettre de maigres récoltes déjà grillées par le soleil.

Le souvenir des cérémonies entourant la Hount Santo d’Ustou s’estompe dans la mémoire des hommes. Cette source consacrée aurait jailli sous le bâton de saint Lizier et des milliers de pèlerins, Ariégeois et Aranais, se succédaient ici à la fin du mois d’août pour demander la fertilité des terres et la clémence du ciel à l’évêque du Couserans.

Panthéon Pyrénéen
Olivier de Marliave




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire