jeudi 18 janvier 2018

La nuit du 11 au 12 août 1907 sur les pentes du Saint Barthélémy, en compagnie du Docteur Alphonse MARCAILHOU D’AYMERIC.



PLUS HAUT QUE LA MONTAGNE.
11 & 12 août 1907

Couché sur le dos dans ce lit de bruyères et de fougères sur les pentes du Saint Barthélémy plus précisément au Sarrat de Bertenac, le front vers le Ciel, nous contemplons le spectacle émouvant des étoiles. La brise, douce haleine de la montagne, nous tenait en éveil.

Nos regards se portent vers les constellations boréales, les étoiles circumpolaires. Il y a une heure, nous les apercevions à-peine, maintenant une sorte de liaison s'était établie entre nous et nous conversions avec les astres qui savent si bien parler à qui les interroges.

Pour observer le ciel visible dans la nuit du 11 août 1907 par Marcailhou d'Aymeric, cliquez sur les différentes cartes des constellations.

LA GRANDE OURSE ET LA LÉGENDE DE LA NYMPHE CALLISTO.


Grande Ourse.


La plus belle constellation de l’hémisphère boréal, le point de repère essentiel, celle à qui il faut toujours revenir. En ce sens, elle est la mère des constellations. Cette constellation me disait : « Mon nom de GRANDE OURSE ne date pas d’hier. Les Grecs et avant eux les Phéniciens et les Égyptiens mêmes me nommaient ainsi. Et cependant je méritais mieux que ce nom sauvage. Tu dois te rappeler, par les récits qu'ont rapportés les mythologistes, que Diane, la belle, chaste et farouche chasseresse aimait à vivre au milieu d'un troupeau de jolies filles appelées: Nymphes. Or, parmi ces amies de Diane, existait, dans des temps très reculés, une nymphe appelée CALLISTO. L'éclat de sa beauté était tel que Jupiter lui-même voulut l'aimer, mais la nymphe résista à ses désirs ardents et le dieu des déesses fut contraint d'avoir recours à un subterfuge. Il se métamorphosa et prit les formes trompeuses de Diane; Et l’ingénue Callisto, confiante dans les caresses de Diane , s'abandonna sans méfiance.

Les mauvaises langues de l'époque - précoces épicuriens-allaient jusqu'à prétendre que Jupiter, en cette occasion, mariant les lois de la guerre et de l’amour, et se souvenant de ses opérations de siège à l'époque de la guerre des Titans lui poussa un retranchement dans le côté.
Mais n'ayant pas à ce sujet la compétence et oserai-je le dire ! des souvenirs précis, je préfère laisser la question en suspens.
Ce qu'il y eut de certain pour cette jeune Callisto, c'est qu'au bout de neuf périodes lunaires un fis lui naissait de Jupiter.
On le nomma Actas, le Bouvier que tu peux apercevoir non loin de moi, vers la trouée de I’Ariège.



Le Bouvier


« Callisto et Actas furent placées au nombre des constellations et je portais dans la délicieuse terre grecque, il n'y a pas bien longtemps, - trois mille ans à peine, - le nom de Callisto. Puis les temps ont changé, les barbares, les hommes du Nord sont venus, peuples gaillards, chasseurs, aux mœurs rudes, et, de belle nymphe aimée de Jupiter, je fus métamorphosée en ourse. Ne le dis pas à Diane, mon ancienne maîtresse, qui m’a oubliée, car, par mégarde, elle pourrait me percer de ses flèches.
Que te dirai-Je encore? Que je partage la royauté du ciel boréal avec Orion. Tu le sais ! Que je tourne autour du pôle, symbole du froid. Avoues que je méritais mieux après mon idylle avec le dieu des dieux, mais peut-être le destin a-t-il voulu punir ainsi mon ardeur ».



Céphée.


J'étais tout attentif à ce gracieux discours quand Cephée vint se fixer devant mes yeux. Cephée et avec lui Cassiopée, Andromède, Persée. C'était là toute une page de l’histoire antique et les caractères en étaient écrits en lettres de feu. La constellation apparaît sous forme de trois étoiles. Cephée parla et dit : « Tu dois savoir que j’étais, - je veux dire je suis, car mon règne est immortel, - un des plus vieux rois de l'Ethiopie ».

Je m'inclinai et dis : Majesté, j'ai le grand honneur de saluer en vous l'ancêtre de Ménélick, roi puissant de ce jour, qui étonna l'Italie.
« Ma femme Cassiopée, que tu vois au firmament, à ma droite, fut fort belle et cette beauté même faillit nous perdre, car, dans son orgueil elle voulut éclipser les Néréïdes, filles du ciel. Ces déesses se plaignirent à Neptune et le dieu de l’Océan souleva la tempête contre nos rivages et faillit engloutir nos villes, ainsi que celles du littoral de l’Egypte et même de Syrie. Je fus obligé, pour calmer la fureur du dieu, d'exposer ma propre fille, Andromède, - nue - et enchainée, sur un rocher, exposée aux outrages et à la mort, car un Dragon devait la dévorer ».
Aperçois-tu le Dragon ?
- Je répondis : Si je ne fais erreur, il me semble le voir entre la Grande et la Petite Ourse et il dresse vers vous sa gueule menaçante.
Non, pas vers moi, mais vers ma fille Andromède, que tu aperçois aux pieds de ma femme Cassiopée. Vois-tu bien ?



Cassiopèe.



CASSIOPÈE, ANDROMÈDE ET PERSEE.

J’aperçus, en effet, au-dessus de Cépée deux constellations brillantes superposées. La première, en forme de M lumineux, était Cassiopée ; la deuxième, légèrement au-dessous, était Andromède.
Mais, interrogeant à mon tour Cephée, je lui demandais: Au-dessous de votre fille la belle Andromède quelle est donc cette constellation qui brille et si près d'elle, qu’elle semble faire corps avec ? 
Ton expression est bonne, je peux même avancer que ton expression et ma fille sont heureuses, me dit, en souriant, Cephée, car cette constellation est celle de Persée, le sauveur et l’époux de ma fille. Ce fut lui, en eflet, qui, monté sur le cheval ailé Pégase et pourfendant les airs, arriva juste à temps pour sauver Andromède de la gueule du Dragon.
Aussi, en échange de son courage, le valeureux-guerrier reçut-il de ma fille sa main et sa beauté.

J'avais bien envie d'interroger Andromède elle-même, Andromède la princesse rose et  blonde, mais la voyant si près de Persée, je n’osai.



Le Carré de Pégasse.


Et, quittant définitivement Céphée, je dirigeai mon regard vers le Carré de Pégasse. Ce dernier étant un cheval, je me contentai de l'examiner. Je vis les quatre étoiles arabes, Markab, Scheat, Algeneb; Alpherat savez-vous, en. arabe, ce que signifie Alpherat ? Nombril du cheval. Sur ce point, les Grecs, me semble-t-il, ont manqué de galanterie (rare défaut chez cette race, il est vrai) car ils ont placé la tête de la belle andromède sur le nombril du cheval. A moins que les arabes aient trop rapproché le cheval.
Mes compagnons d‘ascension voyageaient aussi comme moi à travers les étoiles dans cette nuit sur les pentes du Saint Barthélémy.

LA LYRE.



Véga de la Lyre


Au Zénith, je vis cette belle constellation de la Lyre avec Véga, primaire, étoile d'argent, la plus éclatante du ciel après Sirius et Arcturus.
On a calculé que, dans 13.000 ans, Véga serait l'étoile polaire, comme elle l'a été il y a 12.000 ans pour nos aïeux, et quels aïeux !



Le Dragon.


De nouveau, le Dragon se montre à moi, mais si on ne peut interroger un Pégasse, à fortiori une lyre, et même un Dragon. Peut-être Lafontaine, Granville et Taine qui possédaient les éléments de l'alphabet et de l'esprit des bêtes auraient-ils pu dialoguer avec le premier et le dernier ?


Le Dragon

Mais les nombreuses étoiles de cette longue constellation ayant tout à coup redoublé d'éclat, je lus ces quelques indications: C’est moi qui, autrefois, étais le Pôle; depuis la Polaire m'a détrôné. C'était en 2700 avant Jésus-Christ. On me connaissait surtout en Chine et en Egypte. Et même le vieil empereur HoangTi m'adressait ses salamalecs. C'est lui qui me baptisa et depuis je suis le protecteur de la Chine. Tu vois que je la protège bien, puisque de tous les innombrables empires qui ont régné sur ta planète, tous ont passé, tous excepté la Chine, debout depuis près de six mille ans ! Un vieil empereur du pays que je protège était déjà, tu le sais, l'empereur Tsao, contemporain d'Abraham, cité dans la genèse ! 
Dois-je te dire que je figurais sur la plus vieille sphère inventée par les hommes; j'entends la sphère de ce grec, Chéron, à l'époque de la guerre de Troie.

****

J'étais étonné quelque pou de ces révélations, mais une voix formidable passa dans l'air et cria : Bien avant Chéron, bien avant la guerre de Troie, avant Tsao, et Abraham, avant Adam même, plusieurs millions d’années avant, le Saint-Barthélemy se dressait, déjà géant sur l'horizon du monde !
J’apercevais un nombre infini d'étoiles, de sphères de feu gravitant au milieu d'un silence impressionnant, dans ce ciel impénétrable.
Et à mesure que s'offraient à moi les constellations, je les reconnaissais comme de vieilles amies.
Par une belle nuit d’été, lorsque-seul - sur une longue route poudreuse, on marche sous la voûte étoilée, on ne saurait croire quel vif plaisir intellectuel on éprouve à chercher, reconnaître et épeler le nom de ces mondes qui ont leur éloquence ! Vous n'êtes plus seul alors, et votre esprit courant d'astres en astres, le temps parait plus court.

LES CONSTELLATIONS DU NORD.

Donc dans cette nuit du Saint-Barthélemy, qui devenait plus claire sous le scintillement de ces milliers d'astres, je vis au-dessous du, Chariot de David une poussière d’étoiles, c'était La Chevelure au nord de cette dernière le Coeur de Charles.
Le grand trapèze du Lion avec Régulus et Dénébola brillent à L’Ouest.
Le Cocher avec Capella « la Chèvre », sa primaire, commençait à montrer son front.
C'étaient là les constellations du Nord avec leurs trois zones : boréale, intermédiaire ou tropicale et zodiacale.

LES CONSTELLATIONS DU SUD.




Hercule


Me tournant alors vers le sud, vers la haute chaîne centrale, dans la direction du Rulhes, j’aperçus un plus grand nombre peut-être de constellations plus éloignées.
Les plus rapprochées au Zénith étaient Hercule, dont nous avons parlé, Hercule cette « république de soleils » vers qui s’avance notre soleil à 8 kilomètres par seconde. 
A notre droite dans la direction du Pic des Trois Seigneurs, dans la vallée du Sabarthès, se trouve la grotte de Lombrive, là où repose Pyrène l’amour d’Hercule. 
Je vois aussi la Couronne boréale avec la Perle, de 2° grandeur. A sa droite à l’ouest apparaît la belle primaire jaune orangé Acturus, l’étoile des navigateurs, chantée par Homère et Hésiode. Arcures qui marche avec une vitesse de 6500 kilomètres par minute.

LES TROIS CONSTELLATIONS DU SUD,
DE LA ZONE TROPICALE.

Trois constellations principales occupaient la zone intermédiaire entre le zénith et l’équateur célestes : c'était la zone tropicale du Capricorne.
Ces trois constellations brillaient d'un éclat bien différent.
Celle de l’Est était la plus éclatante.
Celle du centre la plus vaste.
Celle de l'ouest la plus petite.
La première se nommant L’Aigle.
La seconde Ophichus.
La troisième Le Serpent.


L'Aigle



1° - L'Aigle était une vieille connaissance, c'est une des constellations du ciel la plus facile à reconnaître non par sa position critique à mesurer mais par sa forme quand elle est aperçue une fois, elle est inoubliable. C’est une des constellations typiques du ciel, Elle affecte la forme d'une flèche à trois brillants trois étoiles, trois soleils. L'étoile du milieu est labelle primaire Altaïs Elle se dirige, en bas au sud, vers le Capricorne et le Verseau.

2° - Ophichus. Nom étrange! Cela signifie l'homme au serpent. Et il n'y a aucune signification mythologique. Il affecte la forme d'un rectangle parfait. Il ne possède pas d'étoiles primaires (première grandeur).


Le Serpent


3° - Le Serpent, n'a de caractéristique que sa forme désignée par son nom. La constellation semble prolonger Arcturus, dont le bel éclat parfois l’illumine.
Enfin sur l’extrême horizon, au sud commencent à apparaître les constellations du Zodiaque, donc quelques-unes fort belles. On en distingue de gauche à droite (c'est-à dire ici) de |'Est à l'Ouest : six principales.
Tout d'abord trois superbes points lumineux, frappèrent notre vue, dans cette zone grandiose du Zodiaque circonscrivant l'horizon. Nous: étions toujours tournés vers le Sud.
L'un de ces astres était à gauche (Est). Il était d'un éclat très vif et rouge ardent, mais il ne scintillait pas. Ce n'était donc pas une étoile, un soleil - qu'était ce donc? -  Une planète, un monde comme le nôtre, une terre très probablement habitée. 
Le deuxième astre, au centre, était rouge également, rouge de sang, sur l'horizon. Ses sautillements étaient nettement apparents.
Le troisième était à droite à l'Ouest, d’une blancheur argentée, quelque chose d'infiniment doux, et attirant.
Le premier astre était cette planète où les puissantes lunettes astronomiques ont décelé des canaux, des plaines, des mers; dont on a publié les cartes; et qui se trouve la plus rapprochée de nous, dont l’année est à peu près égale à la nôtre, et qui doit posséder des êtres quasi-humains : Mars, en un mot !
Le deuxième astre, aux reflets de sang, impressionnant à contempler parce qu’on l’aperçoit rarement; et qu'il fait partie du commencement de l'hémisphère Austral. Il n’est visible que pendant huit mois environ jusqu'en octobre seulement. Il est fort éloigné, c'est le bel Antarès du Scorpion.

Le troisième astre qui aussi brillait à l'horizon à droite, à l’ouest (nous étions tournés vers le sud) était la belle étoile l’Epis de la Vierge. Dans les cartes grecques, égyptiennes et du moyen âge, cette Vierge est représentée couchée au pied du Lion qui la précède. 



La Vierge.


Tous ces joyaux versaient des feux étranges sur les cimes des montagnes, et par leur scintillement puissant attiraient notre attention.

La planète Mars se trouvait dans la constellation du Sagittaire et les deux dernières constellations zodiacales de ces six prénommées étaient à l'Est le Capricorne , suivi du Verseau . Mars ne devait éclairer que la première partie de notre nuit. Saturne veillait également, mais brillait surtout avant le lever du soleil, relevant ainsi la garde planétaire.

LA VOIE LACTÈE.

Enfin la magnifique Voie Lactée ou Galaxie  ou chemin de Saint-Jacques , incomparable , l'écharpe blanche criblée de millions de soleils ! d’une distance incommensurable partait de la queue du Scorpion et ne tardait pal à se diviser en deux branches, dont l'une se dirigeait, vers le Sagittaire et l’Aigle , l'autre vers Ophinais et le Cygne où elle se reliait à la première.

La Voie Lactée ( ou chemin de Saint-Jacques pour les Bergers)

LA PLUIE D’ETOILES DE LA CELEBRE
NUIT DU 11 AOUT, LES PERSEIDES

Ce divin spectacle remplissait notre âme d'admiration, quand vers 11 heures, nous fûmes étonnés d'apercevoir une, deux, trois; dix flèches enflammées traverser le ciel avec la rapidité de la foudre. C'était superbe. Ces fusées se croisaient, se dépassaient, devenaient parallèles, divergeaient. Ces brillants météores illuminaient l’empyrée. C’étaient des étoile: filantes. Le ciel nous donnait son feu d'artifice. Puis des centaines d'étoiles s'élançaient, gerbes blondes dans l'éther. Et ces pluies d'étoiles ne paraissaient pas partir d’un point quelconque. Nous finimes par nous rendre compte que trois foyers principaux alimentaient de leur source ignée ces feux d'artifices de cette nuit d'azur.

L'une de ces forges venait de la constellation de l'étoile du Cygne ou Croix du Nord au-dessus de nos têtes; les gerbes étaient faiblement bleutées.
Le second de ces foyers prenait son origine dans la constellation d'Andromède où brillait la luisante.



Andromède.


Mais la plus grande partie de ces météores les plus belles, les plus puissantes de ces étoiles filantes naissaient dans la constellation de Persée où régnait la mystérieuse et bizarre Algol, étoile tour à tour primaire et de troisième grandeur.

Nous nous rappelàmes alors que nous étions dans la nuit du 11 août qui, avec celle du 13 novembre constituait les fêtes célestes et les plus belles nuits d'étoiles filantes, de pluies d'étoiles. Le hasard nous avait bien conduit et nous lui devions des félicitations. Les étoiles filantes de la nuit du 11 août se nomment même les Perséides comme celles de la nuit du 13 au 14 novembre sont appelées Léonines du nom de la constellation du Lion où elles s’allument.
Et était-ce le mirage, ou un autre feu d’artifice, celui-ci terrestre ! Nous aperçûmes, très nettement, de notre observatoire de Sarado, de petites fusées, qui, des profondeurs de la vallée de l‘Ariège, vers Urs ou Vèbre, montaient jusqu'au niveau de Lordat. Nous n'avons pas su quel châtelain ou quelle assemblée donnait, cette nuit-là, sa fête. 
Par intervalles aussi, dans le fond de cette même profonde vallée de l'Ariège, plongée dans les noirceurs de la nuit, à huit cents mètres sous nos pieds, de vives et vastes lueurs blanchâtres, telles un puissant phare, inondaient de lumière artificielle la région encaissée de Luzenac. C'étaient les feux de l’usine de talc du Saint Barthélemy, située à Luzenac et dirigée par mon cousin, l'ingénieur Gombeau. La nuit n’interrompait pas le travail.
Mais, même au point de vue stellaire. le dernier mot ne nous était pas donné. Nous devions saluer les magnifiques constellations du matin Orion, les Gémeaux, la Canicule, le Grand Chien de Sirius.


Orion.


2 h. 1/2 du matin, nous était réservée. Cette surprise même fera époque dans notre vie. Encore le hasard s'était bien conduit. à notre égard.
Mais onze heures et demie approchaient. L'heure sonnait de nous lever de nos lits de fougères, de secouer nos membres, de frictionner nos épaules, de quitter enfin Bertenac, si plein de souvenirs.
Deux reines célestes allaient se disputer le privilège de nous éclairer: la Grande Ourse nous avait donné sa lumière pendant la première partie de la nuit. 
Orion allait illuminer notre route pendant les heures ultra matinales. En guise de remerciements à la belle constellation polaire (à la Grande Ourse) je me rappelai et lui adressai ces vers du plus grand des poètes qui considérait la Grande Ourse comme la signature même de Dieu, au bas de la page de la création.



Voici ces vers puissants de Victor Hugo :

Quand il eût terminé, quand les soleils épars
Eblouis, du chaos montant de toutes parts,
Et furent tous rangés à leur place profonds
Il sentit le besoin de se nommer au monde
Et l’être formidable et serein sa leva ;
Il se dressa dans l’ombre et cria : Jéhovah...
Et de l'immensité ces sept lettres tombèrent;
Et ce sont dans les cieux que nos yeux réverbèrent,
Au-dessus de nos fronts tremblants sons leur rayon
Les sept astres géants du noir septentrion.  
    
… Et je me disais en moi-même:

Rien n'est plus brillant que le ciel; rien n'est immuable comme la montagne. 
L'éclat de toute chose est faux et passager. 
La beauté engendre l'amour, l'amour fait naître l'espérance. Le matin ces fleurs s'épanouissent ; le soir elles se fanent ; la nuit elle disparaissent sans retour.
Et sur toute chose et sur tous, le ciel continue à verser ses clartés opalines et la montagne, dans sa sérénité, immuable, demeure.




 Toulouse, ce 24 octobre 1907.
Dt Alphonse MARCAILHOU D’AYMERIC













Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire