vendredi 16 septembre 2016

La tour de Montoulieu, les veillées d'autrefois en Ariège...


Nos aînés ont tous dans la tête les contes et légendes que les ancêtres racontaient les soirs d’hiver, à la veillée, et qu’ils écoutaient blottis dans le vaste manteau de la cheminée, pendant que les « ménines » (grand-mères) faisaient dorer des crêpes ou des oreillettes dans de grandes poêles.
Tous les soirs il y avait une veillée, pleine de chaleur et de tendresse, pleine d’occupations aussi. Les hommes, quand ils ne jouaient pas à la belote ou autre jeu de cartes, travaillaient le noisetier, rempaillaient les chaises et les bonbonnes, affûtaient les outils... Les femmes faisaient les tresses d’ail, écossaient les haricots, cousaient les trousseau des futurs mariés, brodaient, tricotaient, crochetaient, raccommodaient les chaussettes, faisaient le pain, les gâteaux. . .

Alors si vous aimez ces vieux contes et ces vieilles légendes du temps jadis ... transmettez-les, pour ne pas les oublier et les voir disparaitre !



LA TOUR DE MONTOULIEU.



Le village de Montoulieu, s’accrochait au flanc du dernier contrefort du prat d'Albis. Les villageois vivaient des produits de l'élevage et du bois, et leur vie s’écoulait tranquille malgré la rudesse des hivers.
Mais les habitants avaient un souci. Non loin de là, un autre village : Amplaing, se glorifiait d'une belle tour ronde, autour de laquelle se pressaient les maisons du village, cette tour suscitait l'envie des petits villages d'alentour.

Un jour, l'échevin de Montoulieu rassembla les membres du conseil et ils décidèrent la construction d'une tour ronde également, qui ferait merveille sur un des contreforts du Prat d’Albis.
Il convoqua les rudes paysans du village et ils décidèrent de se mettre des que possible au travail. Ils charrièrent des rochers par les sentiers escarpés, attelèrent pour ce travail, bœufs et mulets. Mais comme vous le pensez bien, c'était une entreprise difficile et après la pose des pierres de fondation, chacun, découragé, renonça au projet. Alors, ils allèrent trouver la sorcière. C'était une vieille toute courbée, grimaçante, édentée, qui était pourtant de bon conseil. Elle dit à l’échevin : «  … Croyez-moi, un seul moyen de faire aboutir votre projet : demandez au géant de la montagne de vous aider !… »

Elle se fit l'intermédiaire entre les habitants de Montoulieu et le géant Gargantua.
Celui-ci accepta le marché que lui proposa la sorcière: un copieux festin, compose de six porcelets, deux sangliers, un isard, un ours, et un tonnelet d'hydromel, contre l’édification d'une tour géante, posée sur le plus élevé des contreforts.
Ainsi fut fait, avec un bruit de tonnerre. Gargantua s’empara de ses présents et posa de sa main géante une tour dorée sur le piton le plus haut, comme le voulaient les habitants. Après, il se reposa, plaça son assiette et son verre sur le rocher voisin et commença son festin. Repu, il repartit dans son antre de la montagne, non sans avoir fait une promenade digestive.

Pour cela, il enjamba la vallée de son pas de géant. Les visiteurs qui viennent à la fête de Montoulieu pourront voir encore, près de la tour, l'empreinte du plat, du verre, du couvert, que le géant avait porté pour son festin. Ils pourront voir aussi, l'empreinte du pied gauche sur le rocher du chemin de Ginabat, et celle du pied droit, bien plus loin, au bas du pic de Montgaillard.


Tric, trac, moun counté es acabat!
Tric, tric, disen né un pu poulit.

Tric, trac, mon conte est achevé.
Tric, tric, dites en un, plus joli.


Ainsi est l'histoire de la Tour de Montoulieu, du moins telle que nos ancêtres la contaient le soir, aux veillées, devant un bon feu de bois !


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