lundi 13 juin 2016

- L’Assistance publique au XVIII° siècle à Miglos.


A partir du milieu du XVIII siècle, les registres paroissiaux conservés à l’église de Miglos sont régulièrement tenus; aussi nous est-il permis de suivre, pour ainsi dire pas à pas, les moindres faits de l'histoire de cette paroisse.

L’assistance publique y fut instituée vers cette époque, grâce à la libéralité d’un de ses curés, Jean Mottes, qui demeura, de 1713 à 1750 environ, à la tête de la paroisse. Possédant une certaine fortune composée en totalité de capitaux, il en disposa entièrement en faveur des pauvres. Elle s’élevait à 15,375 livres.


Le testateur institua son successeur, administrateur des biens laissés aux déshérités de la fortune, à charge non de rendre compte de la distribution des revenus, mais de prévenir annuellement les marguilliers de l’emploi qui en avait été fait.

L’assistance publique ainsi organisée, n’était, on le voit, qu’une institution privée, sans règlementation fixe, et ne pouvait que donner lieu à des abus. En 1782, un bureau de charité ou de bienfaisance fut créé dans chacune des communautés voisines de Miglos et de Junac. Il comprenait les biens-fonds et les capitaux laissés aux pauvres de ces paroisses par l’abbé de Saubiac, prieur de Soulé. La famille du Faur de Saubiac (1) possédait le fief de Soulé, dans la paroisse de Baulou, près Foix. Il y a vraisemblablement erreur dans la qualification de prieur donnée au généreux donateur, l’abbé de Saubiac, et le mot prieur a dû être mis pour le mot sieur.


Cette seconde oeuvre humanitaire fut mieux organisée que celle dont Jean Mottes fut l’auteur. Tous les ans, en effet, une liste des habitants les plus nécessiteux des deux localités devait être dressée par le Conseil politique, et les fonds disponibles étaient répartis entre eux à Pâques ou à la Pentecôte, même à d’autres époques de l’année, si le besoin s'en faisait sentir. Pour veiller à la bonne administration de cette fondation charitable, le Conseil politique de Miglos nomma Pierre Gardes, syndic, et Pierre Bacon, trésorier.

A la veille de la Révolution, l’exécution du legs du curé Jean Mottes suscita des difficultés que le Conseil trancha de la manière suivante: Il parait que le curé Vergnies, chargé par M Mottes de distribuer aux indigents les revenus des sommes qu’il avait laissées à cet effet, avait négligé depuis longtemps d’en rendre compte aux marguilliers qui en avaient le contrôle.

Le Conseil ordonna que les capitaux légués seraient remis au bureau de charité de la communauté pour en faire la distribution; puis il délégua le premier consul pour se rendre à Toulouse et faire les démarches nécessaires afin d’obtenir du Parlement un règlement semblable à celui de Niaux.

(28 avril 1789).


(1) Du Faur, seigneur de Saubiac, ayant fait remonter ses preuves écrites à 1551, fut maintenu dans sa noblesse le 21 juin 1698. Le chevalier du Faur de Saubiac, seigneur du Fossat, Loubens et Cazaux, assista à l’Assemblée de la noblesse tenue à Pamiers en 1789. Cette famille, originaire de Pays de Foix, est éteinte depuis quelques années; elle possédait, dans la paroisse de Baulou, le fief du Soulé, qui donnait droit d'entrée aux Etats de la Province de Foix. Armes : D'azur au lion d’or, au chef d’argent chargé de trois étoiles de gueules. 
(Nobiliaire de l’Ariège.)

L'Ariège Pittoresque
17 avril 1913

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