mardi 2 février 2016

- La Chandeleur. Nostro-Damo del Candelou.

Chandeleur ou Chandelours ?

En Ariège comme partout en France c’est aujourd’hui la Chandeleur, mais plus particulièrement en Ariège le 2 février, est la fête des laboureurs, on fait des crêpes, symbole d’abondance, et on donne la première aux poules pour qu’elles pondent toute l’année. Le lendemain, c’est la Saint-Blaise, on bénit les bêtes ; on coupe du poil de la queue des vaches pour l’offrir au saint, on accroche des crêpes à leurs cornes. Le 5, c’est la Sainte-Agathe et les femmes ne doivent faire ni four ni lessive, cela amènerait la mort dans la maison. Mais le 2 février n’a pas été dans le passé cette fête religieuse.


Cette Chandeleur ou Fête des chandelles, pour la religion chrétienne correspond à la Présentation du Christ au Temple. Elle a lieu le 2 février, soit 40 jours après Noël.

La Chandeleur s’appelle en Occitan Nostro-Damo del Candelou. Dans la majeure partie des localités, de nombreuses personnes apportent à la messe, pour les faire bénir, de petits cierges appelés candelous (diminutif de candèlo = chandelle). Ces cierges bénits seront emportés à la maison et on les allumera au cours des orages, pour protéger les maisons, lorsque éclairs et tonnerre jetteront la peur dans les esprits.
La première crêpe qu’on fait sauter doit être envoyée au-dessus de l’armoire. Pour être assurés d’avoir de l’argent toute l’année, on plaçait autrefois sur elle une pièce de un franc en argent et on laissait le tout en place jusqu’à l'année suivante.

La Chandeleur est une fête, mélange de traditions païennes et chrétiennes.

Dans le passé les fêtes ursines, héritées des anciens cultes, lesquelles agitaient l’Europe dès la fin de janvier et au début de février. Ces fêtes célébraient le moment où l’ours était donné comme se réveillant et sortant de sa tanière pour voir si l’hiver était fini. La date la plus importante était celle du 2 février, parfois du 3, journée au cours de laquelle l’ours décidait de poursuivre ou non son sommeil hivernal. Un ciel clair et un soleil brillant renvoyaient l’ours dans sa tute pour quarante jours supplémentaires. Un ciel couvert, la pluie ou la neige le faisaient sortir de sa torpeur.


En Ariège il y a un proverbe mêlant l’ours à une exigence climatique, entendu dès six cents mètres d’altitude.
« S’il fait soleil le jour de la Chandeleur l’ourse retourne dans sa tanière en pleurant. Car l’hiver s’allonge de quarante jours. »

La Chandelours .

C’est ainsi que le 2 février, les villages s’animaient de chants, de danses, de jeux, et même de simulacres de rapts et de viols, au cours desquels des hommes couverts de poils se transformaient en ours et mimaient l’enlèvement de femmes et l’acte de s’accoupler avec elles. On l’imagine, l’Eglise lutta farouchement contre ces pratiques et remplaça la vieille fête par d’autres, dont celle de la Chandeleur. Toutefois, dans la plupart des campagnes de Gaule puis de France, où le souvenir de l’ours demeurait très vivant, cette fête fût souvent appelée, du XIIe siècle jusqu’au XVIIIe, non pas la « Chandeleur » mais la « Chandelours », terme populaire associant sous un même vocable le souvenir des anciens cultes rendus vers cette date au feu et à la lumière, au retour de la fertilité et surtout à l’ours, sorti de son hibernation. Bien que christianisée, la fête des chandelles restait, dans bien des régions, une fête plus ou moins usine. 


Selon une croyance largement répandue en Europe, et tout particulièrement dans les Pyrénées, l'ours entre en hibernation peu avant Noël et se réveille quarante jours après, le 2 février. Il met le museau hors de sa tanière et regarde le ciel. S'il fait une clarté de pleine lune (avec un froid vif quand le ciel est dégagé), et donc s'il voit son ombre, l'ours rentre et se rendort pour quarante jours de plus. On dit que le printemps sera tardif. Si au contraire le ciel est sombre en raison de la proximité de la Nouvelle Lune, l'animal sort définitivement de sa tanière. Son apparition est le signe que le printemps est bien là. Dans les fêtes carnavalesques - qui sont des rites de printemps - on incitait l'ours à hâter sa sortie en se grimant de manière à donner au visage l'aspect de la nouvelle lune: on s'enduisait la figure de suie ou bien on portait ces masques noirs, que l'on appelle "loups".
Cette croyance que l'ours inspecte le ciel le 2 février, jour de la Chandeleur afin de décider si l'hiver est fini ou pas, a donné lieu à de nombreux dictons, notamment :

«Quand la Chandeleur brille, il hiberne pour quarante jours de plus».

«Quand il fait soleil à la Purification, l'ours ramasse du bois et fait des provisions d'hiver pour quarante jours de plus».
«A la Chandeleur, l'ours fait trois sauts hors de son trou; si c'est couvert il s'en va; s'il fait clair, il rentre».

«A partir de la Chandeleur il y a encore quarante jours d'hiver, l'ours est alors dans sa tanière; s'il fait soleil ce jour-là, il pleure et dit que l'hiver est à venir; s'il fait mauvais, il dit que l'hiver est passé».

Que cela soit la Chandeleur ou la Chandelours c’est le jour des crêpes:


LES PESCAJOUS ( les crêpes ariégeoise).


-6 c a s de farine de sarrasin 
-2 c a s de farine blanche 
-1 oeuf 
- 1 pincée de sel 
-eau 

Faire cuire de préférence dans une poêle à crêpes (pas sur une plaque a galettes) . Les crêpes ne doivent rester moelleuses et ne pas être trop fines. 
Servir avec de la saucisse grillée, des lardons, des oeufs au plat, des tomates…
Autrefois, on posait le plat au milieu de la table et elles remplaçaient le pain du début à la fin du repas. Celles qui restaient, on les trempait dans le café au petit déjeuner.

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