lundi 28 septembre 2015

16 juin 1289, destruction de la ville de Mirepoix.



Samedi 16 juin 1289, château de Puivert.

        Il y a de cela 700 ans j’étais déjà là où je suis aujourd’hui, mais à cette époque et à cet endroit il y avait une grande forêt, la forêt de Plene Farges aujourd’hui disparue, j’étais alors bien jeune. Le 16 juin 1289 nous avons subi une inondation terrible. 
Pour en connaitre la cause, laissez moi vous conter la légende de la dame blanche du château de Puivert, mais, est ce une légende ?


A cette époque, le château de Puivert surplombait un immense et merveilleux lac. Une illustre princesse aragonaise vint un jour au castrum sur l’invitation de Jean de Bruyère, maître des lieux. Celle-ci tomba sous le charme du château mais surtout du lac qui s’étendait sous les tours. De part son amour des lieux elle prolongea son séjour à Puivert et finit par s’y installer définitivement. La dame toujours de blanc vêtu, à tel point qu’on la surnommait « la dame blanche », vieillit paisiblement sur les bords de son lac. Peu à peu, elle eut des difficultés pour se mouvoir et prit l’habitude de s’installer dans une roche creusée en forme de fauteuil. Elle y passait là de longues heures à contempler le clapotis de l’eau, à s’émouvoir de la paix des lieux ou à s’émerveiller devant les couchers de soleil qui embrasaient le lac. Elle restait assise, là, sur son trône de pierre, entourée de ses gens.

De temps à autre, la pluie gonflait les eaux du lac. Parfois, le vent transformait les clapotis en véritables vagues qui déferlaient sur la rive. Ces jours là, le siège de pierre se trouvait submergé et inutilisable pour la vieille princesse. Alors la dame blanche devenait mélancolique et regagnait le château.
Un jour, un jeune et beau page (tout laisse à supposer que l’on a à faire au diable), proposa une solution à la princesse. En faisant une brèche dans la muraille qui retient les eaux, le niveau du lac s’abaisserait et la roche serait toujours sèche.

Elle expliqua son projet à Jean de Bruyère, qui, ne pouvant rien lui refuser, entreprit les travaux. Malheureusement la brèche dans la pierre suffit à fragiliser suffisamment le roc pour que, sous le poids de l’eau, elle cède totalement. Et c’est un violent torrent qui gagna la ville de Mirepoix situé dans la plaine de Salabert pour y causer morts et destructions. On dit que la dame blanche fut emportée par la fureur des eaux et que, les jours de pluie sur Puivert, on peut la voir à une des fenêtres du château. Depuis ce jour, de lac il n’y eut plus..



La destruction totale de la ville de Mirepoix en 1287 par une crue de l’Hers est connue par un document du cartulaire de Mirepoix , acte seigneurial décidant de la reconstruction de la ville quelques mois plus tard mais sur l’autre rive de l’Hers; on y dit que la majeure partie de la population a péri, ce qui, au vu du nombre des rescapés cités dans l’acte, représente au moins un millier de personnes.

Les chroniques viennent parfois confirmer ces faits. Ainsi, pour Mirepoix, une chronique anonyme, reprise par Guillaume Catel, historien de Toulouse, en 1623 : « en 1289, le samedi 16 juin, le jour des saints martyrs Maur et Marcellin, il y eut une inondation terrible, jamais vue ; plusieurs villages et hameaux furent enlevés, les moulins emportés, les ponts détruits ; beaucoup de corps tant d’hommes que de femmes, ce qui est grande affliction, périrent et on n’en connaît pas le nombre... » 


Voilà la légende que je voulais vous conter, cela s’est passé il y a bien longtemps et ma mémoire peut me jouer des tours vous voudrez bien m’en excuser. Aujourd’hui je suis toujours situé au même endroit à Mirepoix mais ma forêt de Plene Farges n’est plus. Je suis le dernier chêne de cette jolie forêt, mes semblables ont servi à reconstruire la nouvelle ville de Mirepoix.




Si vous passez par Mirepoix, venez me visiter rue Victor Hugo. Cela me fera plaisir.


Cet arbre remarquable, classé monument historique depuis le 30 juillet 1945, est considéré comme le doyen de l’Ariège, il aurait dans les 800 ans.Pour la petite histoire, il serait le seul rescapé debout de la forêt de Plene Farges. Suite à une inondation catastrophique qui a eu lieu le 16 juin 1289, et qui détruisit une grande partie de la ville, les chênes de la forêt auraient servi à rebâtir celle-ci, et auraient également été utilisés pour la construction des célèbres couverts. Sa circonférence est environ de 4m, hauteur et envergure de 30m. Son état de santé est plus que satisfaisant et on a du mal à imaginer qu’il soit aussi âgé !

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